“Amanda Palmer has spoken out about smashing fan-funding records and raising over $1,000,000 to fund her new solo album. (…) She raised the money by taking pre-orders for future work and selling deluxe packages including backstage doughnut eating sessions and house parties.”
Je me demande comment fonctionnerait l’industrie de la musique si l’on achetait certains albums avant qu’ils ne soient enregistrés. En soi, les artistes ont besoin des maisons de disques pour, entre autres, financer la création de leurs albums. Ces maisons de disques fonctionnent comme des banques: les artistes leur empruntent de l’argent puis les remboursent grâce à leurs premières ventes (puis leur profitent si l’album est un succès).
Les fans pourraient endosser ce rôle d’investisseurs. 1) Les fans achètent l’album qui n’existe pas encore, 2) un certain seuil d’investissement est atteint, l’artiste peut commencer à bosser, 3) l’album est terminé, 4) les fans investisseurs reçoivent l’album qu’ils ont “pré-commandé”.
Ces fans feraient face à des avantages et inconvénients. Parmi les avantages, ils obtiendraient par exemple un accès au fan club de l’artiste dès que l’investissement est opéré. Ce fan club leur garantirait des préventes ou réductions sur les tickets de concerts, ou quelque chose du genre. Parmi les inconvénients, ils devraient accepter que l’album ne verra peut-être jamais le jour, ou plus tard qu’ils ne le pensaient (les artistes, on ne peut pas leur faire confiance).
Les investissements pourraient aussi être plus élevés que le prix du futur album. Et les investisseurs qui ont du flair pour les futurs hits recevraient des avantages en tant que trend-setters. Et évidemment il y aurait une différence entre les artistes déjà établis et les petits nouveaux. Et… bon c’est trop difficile d’exprimer ces idées de manière cohérente donc j’abandonne ici. Je sais que ce billet est sans queue ni tête mais c’est plus clair dans mon esprit. FAIRE DES PHRASES C’EST TROP DUR, BYE.
Comme je l’ai déjà écrit, mes concerts préférés sont ceux qui me font rire. Alors qu’Elbow représentent un investissement très sûr, le meilleur plan est d’aller voir Neil Hannon, le chanteur de The Divine Comedy qui se produit maintenant en solo.
Neil est tellement mauvais qu’il en est excellent. Dès la deuxième chanson il oublie les paroles, s’arrête de jouer sous le coup d’un “oh fuck!”, et implore le public de lui rafraîchir la mémoire (public qui s’empresse de hurler les pires conneries, bien entendu). Au lieu de faire un petit effort sur une note aigüe, il souffle: “no, too many cigarettes for that”. Avant un certain morceau, il avoue: “I never play that one because it’s too hard, but I’m going to play it anyway, I don’t care”.
Je pense qu’à un moment de sa vie il a cessé d’en avoir quoi que ce soit à foutre et s’est rendu compte que ça amusait les gens. Je me demande s’il est “sincèrement mauvais” ou s’il exagère ses difficultés pour égayer l’atmosphère.
Sa performance me rappelle celle de (l’humoriste irlandais génial qui oublie aussi souvent son texte) Dylan Moran: sous ses vidéos Youtube, beaucoup de commentateurs semblent persuadés qu’il est saoul en permanence sur scène, alors que cela crève les mes yeux qu’il ne fait que jouer un rôle, celui de l’homme colérique alcoolique. Neil joue probablement celui de l’homme tête en l’air.
J’ai appris dans une interview qu’il est fan de Jacques Brel, et aucun de mes sourcils ne s’est haussé vu le peu de surprise que cette information a suscité en moi. Ses chansons pleines d’observations pertinentes et humoristiques sont les descendantes directes de notre grand Jacques national. D’ailleurs, les concerts de Neil Hannon sont les seuls où le public se marre en écoutant les paroles (et en voyant la bête tête qui les chante). Le morceau inspiré par la crise financière est toujours un succès: “So I caused the second great depression, what can I say? I guess I got a bit carried away”.
Je me rends bien compte que ce billet semble être une énième divagation de ma part. Là où je veux en venir c’est que les concerts/représentations “parfaites” sont ennuyeuses. L’interaction avec le public et les imprévus sont ce qui rendent l’événement intéressant et mémorable. Bien sûr ce n’est que mon humble opinion, je connais des gens bizarres qui n’aiment pas quand la foule chante pendant un concert. Je suppose que ce sont ces mêmes gens qui n’aiment pas le chocolat, les petits chats, et Wannabe des Spice Girls. Ils disent non à la notion du bonheur.
“The second season of the show has been downloaded more than 25 million times from public torrent trackers since it began in early April, and its piracy hit a new peak following April 30th’s episode, with more than 2.5 million downloads in a day.”
La popularité de cette série est dingue. C’est probablement la première fois que je regarde un programme dont je peux parler à mes connaissances-de-la-vraie-vie sans que cela ne se limite à un monologue. Certes certaines comédies sont très populaires, mais elles ne sont pas sources de grands débats (à part: “Big Bang Theory: horrible ou horrible?”). Alors qu’il y a tellement de choses à dire sur Game Of Thrones: j’en suis la preuve vivante, à tel point que je me fais peur parfois.
“For the millions of Americans who don’t subscribe to HBO, or who may not even watch shows on a television, this means there is no legal way to watch Game of Thrones.”
Ding ding ding! Pourquoi pirater? Parce qu’il n’existe aucune alternative, entre autres.
“HBO co-president Eric Kessler has said he thinks the move away from traditional television to an internet-based model is just a fad that will pass – a ‘temporary phenomenon’ tied to the down economy.”
Bien sûr, l’internet n’est qu’une passade. Les ordinateurs aussi. Et on ne marchera jamais sur la lune.
“This underscores the larger problem with how so many companies in the entertainment industry think about piracy. Instead of thinking about the ways lack of access to media creates opportunity for piracy, and how increasing the access to products could help stave off illegal downloads, too often people want to take legal measures or implement digital protection on their products. These “fixes” always have easy work-arounds.”
Je trouve ça fainéant de vouloir entretenir un business model dépassé en imposant toujours plus de lois. C’est comme s’ils ne se rendaient pas compte de tout l’argent qu’ils pourraient générer en développant une offre légale internationale. Mais non, ils préfèrent dépenser des fortunes en lobbying et pleurer chez leurs mères que les méchants pirates téléchargent leurs séries.
Imaginez un monde meilleur…
1) …où les épisodes de séries actuelles sont disponibles sur internet dès la première diffusion, en HD, accessibles internationalement, sous-titrés convenablement, à un prix décent, légalement.
2) …où l’on peut télécharger légalement des vieilles séries au lieu de devoir les acheter en DVD, ce support horriblement taxé qui prend la poussière et pèse sur l’étagère Ikea. Pas envie d’encombrer son disque dur? No problemo Pablo, elles sont aussi accessibles en streaming à tout moment, sur tout appareil, en HD, etc.
Prenez la série The Wire, autre production (feue) de HBO. En l’absence de téléchargement légal, vous décidez d’acheter l’intégrale en DVD, 5 saisons de 13 d’épisodes. Si vous la voulez en français, cela vous coûtera 170 euros à la FNAC ou 130 euros sur Amazon.fr. Ca fait mal aux ovaires. Vous décidez alors de vous rapprocher du Shakespeare qui vit en vous et choisissez plutôt d’acquérir la version originale pour la somme plus raisonnable de 55 euros, sur Amazon.co.uk.
Le hic c’est que The Wire n’est pas à mettre entre les oreilles des vaches espagnoles. Les anglophones du dimanche qui chient en entendant des accents et dialects autres que ceux des personnages de Friends vont décéder de diarrhée en essayant de comprendre cette série.
Bref, vous feriez mieux de vous la procurer illégalement en VOST/VF sur internet. Je vous souhaite bon courage dans cette aventure, vraiment. La quête de liens de téléchargement/streaming corrects est toujours une joie.
En fait vous feriez mieux d’abandonner l’idée de voir cette série, c’est plus sûr. Vous ne voleriez pas un sac à main, donc ne volez pas des séries! Tant pis si elle est considérée comme une des meilleures jamais écrites, vous survivrez sans. Tant pis si John-Luther-de-la-série-Luther y joue un magnat de la drogue et Littlefinger-de-Game-Of-Thrones un politique ambitieux, vous survivrez sans. Regardez les Experts et Joséphine Ange Gardien plutôt, c’est bien aussi.
Qui est surpris que Stringer Bell et Tommy Carcetti sont mes préférés dans The Wire? Pas moi, je suis prévisible. Et je divague.
3) …où l’interactivité entre les fans et les séries est beaucoup plus grande. Où l’internet est embrassé et non combattu. Où le potentiel que présentent les fandoms est transformé en valeur monétaire.
4) …où l’industrie hollywoodienne n’est plus dominée par des hommes vieux et blancs.
5) …où tout le monde arrête d’être con. Où il fait beau au mois de mai. Où Placebo ne sortent plus d’albums. Un vrai monde meilleur.

Moi aussi, Tommy. Moi aussi.
J’ai des pensées profondes que je souhaite partager mais j’ai la tête fatiguée donc je vais juste vomir les ingrédients et espérer que ça fasse une omelette.
Il y a quelques jours/semaines/mois (quelque part dans le passé), je me plaignais que les salles de concert ne créaient pas de playlists sur Spotify. Vous savez, pour permettre aux consommateurs d’essayer le produit avant de l’acheter (dans ce cas-ci, d’écouter un artiste avant d’acheter un ticket). L’Ancienne Belgique a entendu ma prière!
Leur playlist reprend une chanson de chaque artiste/groupe à l’affiche prochainement. Je me demande bien qui choisit cette chanson et quels critères sont utilisés. Pour le groupe Lostprophets, qui joue en mai à l’AB, c’est un vieux single de 2006 qui figure sur la playlist, choix étrange (mon coeur s’est arrêté quand je me suis rendue compte que ça fait SIX ANS que le morceau Can’t Catch Tomorrow est sorti, j’ai un pied dans la tombe mes enfants).
Les festivals devraient faire de même. Avant d’aller au Pukkelpop/Werchter/Autres, ce serait bien de pouvoir accéder facilement aux chansons que les groupes sont susceptibles de jouer, sans devoir chercher soi-même des dizaines de setlists et entrer les données dans Spotify. Ce serait aussi bien de pouvoir cocher les artistes qui nous intéressent et de recevoir une masta playlist pour ceux-là.
Ou si deux groupes méconnus sont programmés au même moment et qu’on ne sait pas lequel aller voir, une playlist contenant des chansons des deux seraient fort utile. OU ENCORE, on pourrait recevoir des recommandations selon les données de son compte Last.fm.
Sans transition, quand est-ce que la presse commencera à utiliser le potentiel d’internet correctement? Je ne demande pas une date précise, juste une fourchette? J’achète le Q Magazine tous les mois et voici mon histoire:
1) Je n’aime pas sortir sous la pluie pour me le procurer, ni le transporter quand je me déplace, ni le volume qu’il occupe dans la poubelle à journaux, ni les pauvres bébés arbres abattus pour l’imprimer. Bref, je préférerais le télécharger.
2) C’est un magazine britannique. A Bruxelles ou Luxembourg, je sais où le trouver. Mais imaginez s’il n’était pas seulement réservé aux habitants des capitales qui connaissent les bonnes adresses, si le monde entier pouvait facilement le télécharger. Il y a sûrement de l’argent à se faire.
3) C’est un magazine musical. Mon plus grand désir est de pouvoir le lire en écoutant la musique mentionnée dans les articles. De nos jours, c’est tout à fait possible de créer une version électronique interactive contenant du son et de la vidéo.
4) Mieux encore, une version électronique pourrait contenir des liens qui dirigeraient le lecteur vers iTunes/Amazon/Spotify/Etc. pour que celui-ci puisse directement acheter de la musique depuis l’article. Sans parler de l’achat de places de concert, qui s’adapterait à la ville du lecteur. Sans parler non plus des publicités qui seraient interactives également.
5) Aucun point 5 ne me vient dans l’immédiat mais vous avez compris où je veux en venir.
6) Je suis en train d’écouter cette chanson de Grandaddy et j’ai l’impression de faire du kayak dans la galaxie d’Orion.
7) Je suis fatiguée.
“Essayez à présent de déceler des différences notables entre 2012 et 1992. Le cinéma, la littérature et la musique n’ont jamais aussi peu changé. Lady Gaga a remplacé Madonna et Adele Mariah Carey – on ne peut pas dire que cela fasse une grande différence”
Certes Lady Gaga est une Madonna 2.0, mais que dire de toutes les vagues musicales inédites de ces vingt dernières années? Le grunge de Nirvana, le punk rock de Green Day, le gansta rap de Dr.Dre, la britpop d’Oasis, la d&b de Prodigy, le nu metal de Linkin Park, l’indie rock des Strokes, l’emo de My Chemical Romance, … la dubstep de Skrillex? Radiohead et Dieu seul sait quel genre ils jouent? Etc.
C’est difficile de distinguer les tendances qui se créent en ce moment-même. Il y a tellement d’artistes sur le marché, faire le tri n’est pas chose aisée. C’est d’ailleurs pour cela que les gens disent souvent “aah, la musique était mieux avant”. Non, la musique n’était pas mieux avant. C’est juste qu’on ne se rappelle que du petit nombre de bons groupes qui ont marqué leur période (citez-moi des groupes des années 60 hormis les Beatles/Stones/Kinks/Beach Boys/Elvis/Joplin… le commun des mortels en est incapable).
Alors que dans le présent, on est en contact avec le meilleur et le pire de la musique du moment. Le pire sera oublié et les futures générations penseront: “omg Coldplay, et Muse, et <Insérez groupe populaire>, on n’en fait plus des comme ça! C’était mieux avant!”.
Et puis chacun a tendance à être nostalgique vis-à-vis de la culture de sa jeunesse, évidemment. Je me demande si les hardcore fans de Star Wars se rendent compte que les films originaux ne sont pas si bons que ça (sacrilège!), et que c’est la nostalgie qui les aveugle.
“Je suis tombé récemment dans le journal sur une photographie de 1985 (…) Ce fut une révélation. Schrager porte une chemise sans col et certains des employés hommes ont une coiffure un peu démodée, mais à part ça personne n’a l’air en décalage avec la mode actuelle.”
Les employés portent la même chose qu’en 1985? C’est-à-dire quoi, chemise et cravate? Ce que les hommes portent depuis, genre, des siècles?
“Mais, dans l’univers des arts, du divertissement et du style, cette étrange stagnation des vingt et quelques dernières années sonne comme une fin de l’histoire culturelle.”
C’est ce qu’on appelle l’égocentrisme. D’une part, l’auteur ne se rend pas compte des changements prenant place autour de lui, à cause de son manque de recul. D’autre part, il a l’audace de croire que son époque sonnera le glas de l’innovation culturelle.
Cela me rappelle Marx, qui était persuadé que la grande “révolution” aurait lieu de son vivant. Et était-ce John Stuart Mill qui trouvait que la technique avait assez évolué et qu’on pouvait arrêté de la développer… en 1850?
“Et qu’est-ce qui a fait l’extraordinaire succès de la série Mad Men ? Pas le scénario, pas les personnages, mais le décor creative class, le design et les costumes qui fétichisent les années 1960.”
Si le design rétro est si important, pourquoi la série Pan Am (rétro aussi) s’est-elle vautrée? Ce sont les scripts de Mad Men qui assurent son succès.
“La seule chose qui ait changé spectaculairement ces vingt dernières années dans le domaine du style (exception faite des gadgets informatiques) est ce qui a changé aussi dans les films, les livres et la musique – la façon dont ils sont produits et distribués, et non pas leur aspect et leur nature.”
Je ne sais pas pourquoi l’auteur s’obstine à distinguer la technologie de la culture et du style. La littérature qu’on trouve dans les livres semble peut-être stagner (selon lui), mais une autre forme de littérature se crée grâce à internet. Et la nature de la musique est influencée par les technologies de production.
Le cinéma a fait des pas de géant à ses débuts, justement parce qu’il était à ses débuts. Peut-être qu’on remarque moins les évolutions actuelles parce que c’est un art qui a déjà bien eu le temps de se développer et que les changements d’aujourd’hui paraissent mineurs (l’auteur ne mentionne pas la 3D, soit dit en passant).
Si on considère les pièces de théâtre ou pièces radiophoniques, ont-elles beaucoup changé dans la deuxième moitié du XXème? Si non, ces formats sont peut-être si anciens qu’ils évoluent moins drastiquement. Le progrès est une courbe, pas une droite.
Si on considère maintenant la télévision, format relativement plus récent, elle a énormément changé durant ces vingt dernières années. Urgences, Lost, les productions de HBO, la télé réalité de MTV, etc. Et si on analyse un média qui est très récent, internet, l’innovation est immense (comme pour le cinéma à une époque).
“La démocratisation de la culture et du style a deux conséquences très différentes mais extrêmement complémentaires. D’une part, dans un pays où une immense majorité de la population a toujours considéré qu’elle appartenait à la “classe moyenne”, pratiquement tous ceux qui peuvent se le permettre achètent aujourd’hui du style – chez Gap, Ikea, Urban Outfitters, Barnes & Noble et Starbucks.”
Le truc c’est que la plupart de ces marques ne sont plus du “style” aujourd’hui, justement parce que la classe moyenne peut se l’offrir. Je pense que le style, dans le sens où l’auteur l’entend, est élitiste par définition. Si ça devient populaire, ce n’est plus du style.
Vanity Fair / Courrier International
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